Marissa-Meyer

Le conseil d’administration de Yahoo! envisage une mesure radicale : la vente de ses activités Internet.

Le sort de Yahoo! risque de se jouer dans les tous prochains jours. Son conseil d’administration a convoqué plusieurs réunions cette semaine pour évoquer des mesures radicales, allant jusqu’au démantèlement de l’entreprise.

Sous la pression des investisseurs activistes notamment de Starboard Value, le groupe envisage la solution du pire : la vente de ses activités Internet, autrement dit son cœur de métier depuis sa création. Le fondateur du Web, qui vient de fêter ses vingt ans, ne serait alors plus rien : il n’aurait plus aucune activité opérationnelle, seulement la gestion de ses participations dans Alibaba, avec le géant chinois du commerce en ligne, et dans Yahoo! Japan, sa filiale japonaise. Starboard qui, après avoir vigoureusement plaidé pour que Yahoo cède ses parts dans Alibaba, a fait volte-face jeudi 30 novembre lorsqu’il a appris que le fisc américain refusait de confirmer que la transaction serait exempte d’impôts. Si ce choix était retenu, tout cela serait comme un cuisant échec pour Marissa Meyer, qui tente de relancer l’entreprise depuis trois ans en multipliant les lancements de produits et les acquisitions.

La cession des activités Internet ne viserait qu’une seule chose, la maximisation des profits pour les actionnaires. Leur patience a visiblement atteint ses limites : Yahoo! a perdu le tiers de sa valorisation en Bourse depuis le début de l’année. Le mois dernier, Marissa Mayer avait indiqué le mois dernier qu’elle allait adopter une nouvelle stratégie pour faire repartir la compagnie, sans donner plus de détails.

Les responsables de l’entreprise sont également nombreux à ne plus y croire : une trentaine d’entre eux a quitté le navire cette année, dont le directeur marketing, le responsable de la publicité ou encore les patrons Amérique et Europe.

L’écart se creuse avec Google et Facebook

Mais Google et Facebook continuent de creuser l’écart, s’arrogeant la plus grosse part du marché publicitaire. Aux yeux des investisseurs, la valeur de Yahoo! est ainsi faible. Le cabinet Pivotal Research l’estime à un peu moins de 2 milliards de dollars… soit moins que la somme payée par Facebook pour racheter WhatsApp l’an dernier.

La cession des activités Internet n’est pas la seule option sur la table : il peut être aussi envisagé la vente de ses 15 % de participation dans Alibaba (une mesure qui pourrait d’ailleurs se combiner à la première). C’est une cession que Marissa Mayer envisageait depuis plusieurs mois elle aussi.

Ce n’est pas la première fois que Yahoo! est encouragé à changer de stratégie. Le milliardaire Carl Icahn avait déjà milité, en 2008, pour une vente à Microsoft. Starboard Value avait également plaidé, l’an dernier, pour une alliance avec AOL.

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